Zoom sur les chiens de protection des troupeaux (CPT)

Information au public de la présence des CPT sur l’alpage

Le patou réinvestit les pâturages français

Depuis de nombreux siècles (3000 ans ?) les pasteurs du monde entier sélectionnent des chiens massifs de types molossoïdes pour la sauvegarde des troupeaux domestiques. De l’Himalaya à l’Europe en passant par le Moyen Orient, chaque région a développé son type de chien de protection, aujourd’hui on recense plus de 40 races à la corpulence imposante : Dogue du Tibet, Mastin espagnol, Berger d’Anatolie, Maremme Abruzzes, et pour la France le Montagne des Pyrénées ou Patou. En France à l’exception de quelques vallées pyrénéennes, l’utilisation des chiens de protection avait quasiment disparue avec les derniers prédateurs sauvages.

Depuis le retour du loup dans les Alpes, plus de 1600 chiens ont été mis en place. On en trouve plus de 200 aujourd’hui dans les Pyrénées pour accompagner les réintroductions d’ours commencées dans les années 90. Un peu partout en France (hors zones à grands prédateurs) des éleveurs réutilisent ces chiens afin de se préserver des attaques de chiens divagants, des dégâts dus aux animaux sauvages comme le renard ou le sanglier, mais aussi pour dissuader d’éventuels « loups à deux pattes » voleurs de brebis ! En 2011, les CPT représentent 16% des dépenses engagées dans la mesure 323C1 – La population des chiens actifs dans les Alpes françaises est estimée à plus de 1200 chiens.

Une arme de dissuasion efficace

Le chien de protection fait partie intégrante du troupeau, il développe un attachement affectif fort avec le troupeau qu’il ne quitte jamais. Sa présence est avant tout préventive et dissuasive vis à vis d’un éventuel intrus : animal sauvage, chien domestique, humain... Face à une menace, le chien signale sa présence par des aboiements profonds et puissants et s’interpose entre le prédateur et le troupeau, les affrontements sont rares mais possibles.

Selon la littérature, un CPT est considéré « efficace » s’il présente certaines caractéristiques physiques, comportementales et mentales spécifiques à sa fonction de dissuasion :

  • Type molossoïde : grande taille et corpulence
  • Caractère équilibré : calme, assurance, constance, vigilance, adaptation
  • Attachement et loyauté au troupeau : lien affectif, respect, soumission
  • Aptitude à la protection : réaction adaptée à une perturbation
  • Tolérance à l’homme : acceptation de l’homme et de ses activités

Le caractère protecteur tient à la fois de « l’inné », de l’éducation et de l’expérience du chien, en aucun cas le CPT ne peut être un chien d’attaque. Concernant le troupeau, sa mission est bien dissociée de celle du chien de conduite qui mène les animaux et reste attaché au berger.

Un outil complexe d’utilisation

Même si le chien de protection est l’outil le plus performant dans la panoplie des mesures de protection, son efficacité ne peut être garantie. L’intégration au troupeau et l’éducation du jeune chien sont des phases délicates pour obtenir un bon animal de protection. Cela demande une implication et un suivi important de la part du propriétaire.

Suivant le contexte, diverses difficultés peuvent apparaître quant à l’utilisation efficace et permanente d’un chien : troupeau séparé en plusieurs lots, nature accidenté des pâturages, météo difficile, voisinage, urbanisation et interactions avec d’autres usagers du territoire (randonneurs, chasseurs…).

Les frais supplémentaires (vaccinations, nourriture…) la responsabilité juridique du propriétaire (surtout en zones d’hivernage périurbaines) représentent aussi des éléments contraignants pour les éleveurs qui utilisent ces chiens.

Cependant les chiens de protection opérationnels offrent des atouts incontestables : autonomie, action permanente et rassurante pour le berger comme pour le troupeau, lutte « à armes égales » avec le loup, capacité d’adaptation à des situations différentes, initiatives et stratégies de défense…


Page à consulter : Travail nocturne des CPT (vidéos) - Projet CanOvis

Qui sommes nous ?

L’IPRA (Institut pour la Promotion et la Recherche sur les Animaux de protection) a été créé en 1997 par Jean-Marc Landry, biologiste et éthologue, à la suite du retour du loup en Suisse et l’introduction des premiers chiens et ânes de protection.

Son objectif ? Trouver des solutions adaptées pour permettre une cohabitation durable entre le pastoralisme et les carnivores.

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